Vers la découverte de l’Être de Lumière qui me guide.

     Tout commença au mois de septembre 1984. Suite à une déchirure musculaire, je fus alité pendant trois jours. Cela me déclencha une phlébite suivie d’une embolie pulmonaire, ce qui se solda par une hospitalisation d’un mois. Pendant plus d’un an, les troubles musculaires s’amplifièrent ; les médecins trouvèrent la cause de mon problème de santé, qui était dû à la baisse du taux de l’antithrombine, une protéine sanguine. En 1985, ces troubles, de plus en plus fréquents, entraînant des malaises vagaux à répétition, me firent quitter mon travail.


Au mois de janvier 1986, étant au chômage, je fis un stage de technico-commercial à Orvaux près de Nantes qui dura trois mois.


J’y fis la connaissance de Sylvie, serveuse à la cafétéria d’un grand magasin. Elle me fit la confidence qu’elle pratiquait le spiritisme; dès le premier soir, plusieurs stagiaires se réunirent à la cafétéria pour partager le pot de l’amitié ; et ce fut dès ce soir-là que Sylvie proposa une séance de spiritisme à l’aide d’un verre, nous laissant tous bouche bée. Notre curiosité aiguisée, et ayant pris du plaisir à regarder ce type de pratiques, nous primes l’habitude de nous retrouver tous les soirs et Sylvie, que nous harcelions gentiment, finissait par accepter nos sollicitations pour une nouvelle séance.


J’avais décidé de faire ce stage alors que ma situation financière était au plus mal. J’étais sans un sou vaillant, aussi, chaque semaine, je devais me rendre en stop les dimanches soirs à Nantes et rentrer tous les vendredis soirs chez moi. Au total donc, six cents kilomètres entre Nantes et Lisieux.


Au cours de la formation, on nous demanda d’investir dans un costume, et André, un stagiaire comme moi, avait accepté de me prêter les mille cinq cents francs pour l'acheter ; je devais les lui rendre avant la fin du stage. Vers la fin du mois de janvier, un mercredi soir, très embêté, il me demanda si je pouvais lui rembourser la totalité de la somme pour le lundi. Je n’avais pas le choix ; je m’entendis lui répondre sans réfléchir « Pas de problème, je te l’amènerai lundi » ; et, de suite après, je me demandais comment j’allais le rembourser vu que ma situation financière restait inchangée en si peu de temps. Je ne pouvais envisager une quelconque aide de la part de ma femme, car nous étions en mauvais termes.


Le jeudi soir, Sylvie nous faisait, comme à l’accoutumée sa séance de spiritisme. Ce soir-là, le verre qu’elle utilisait se dirigea vers moi avec un mouvement brusque. Elle me dit : « Il va se passer quelque chose pour toi dans les jours qui viennent ».


Le vendredi, une tempête de neige s’abattit sur Nantes ce qui retarda mon départ pour Lisieux. Le soir, je fus invité par un ami à sortir dans une discothèque ; je l’accompagnais mais je passais une bonne partie de la nuit à dormir sur un siège. A quatre heures du matin, il me réveilla et finalement, je décidais de prendre la route pour Lisieux, en stop, comme d’habitude. Je n’eus pas à attendre ; une voiture conduite par une femme s’arrêta, et me conduisit jusqu’à Angers. La conductrice me laissa à l’entrée de la ville.


Le peu d’éclairage de la rue mettait en évidence une nuit noire. J’attendis. Au bout d’une heure, n’y tenant plus, poussé par un je ne sais quoi, je pris la direction du centre ville en trainant les pieds. L’un d’eux heurta quelque chose de souple et une voix féminine, au fond de moi, me poussa à le ramasser. A ma grande surprise, je vis dans mes mains un portefeuille et, à l’intérieur, un chéquier et une liasse de billets d’une somme de trois mille francs. Aussitôt, je décidais de garder la somme pour rembourser André et avoir un peu d’argent de poche ; je laissais ensuite le portefeuille avec son contenu allégé au guichet de la gare. Pour moi, cette aide inattendue fut un signe de la providence. Ce que j’étais loin de soupçonner c’est à quel point, ce jour-là marquerait le début d’une vie différente pour moi.


Je finis mon stage au mois de mars, et, malgré tous mes efforts, je restais sans travail. Je voulu me mettre à mon compte mais une fracture du scaphoïde immobilisa mon poignet droit et je ne pus concrétiser ce projet. Etait-ce là un nouveau signe ?
Sans travail, cette année 1986 fut bien difficile. Au mois de janvier 1987, je travaillais de nuit à Rungis à Paris, comme préparateur de commande. Le matin, je dormais dans la gare Saint Lazarre. Mais une nouvelle phlébite m’obligea à rester dans un lit d’hôpital, et sous les conseils d’un médecin, je retournais à l’hôpital de Lisieux pour continuer les soins.


Les rapports avec ma femme se détériorèrent à cette époque là. Je compris sans aucune explication que notre relation était terminée. Des amis vinrent me voir et me proposèrent à ma sortie de m’accueillir chez eux.


Ce ne fut qu’en juillet de cette même année, que je trouvais un emploi d’aide-maçon. Pour moi, c’était mieux que rien.


Mon employeur habitait Caen, et je pensais aussitôt à me rapprocher de ma grand-mère maternelle pour trouver un toit. Elle habitait à Mezidon à vingt-cinq kilomètres de là ; je me rendis à son domicile à l’improviste. Assise sur un banc, en bas de son immeuble, elle m’accueillit en me disant, avant même de me dire bonjour : «  Je savais que tu allais venir, la vierge est tombée, la photo de ta mère aussi ! ». Pas du tout surprise et heureuse de ma venue, elle me reçu à bras ouverts pendant un mois.


Je commençais chez mon employeur. Le chantier se trouvait à cinquante kilomètres de Caen. Comment allais-je m’y rendre tous les jours ? Faire soixante quinze kilomètres matin et soir en respectant les horaires de travail représentait pour moi une gageure. La veille de commencer le chantier, anxieux, je commençais à me poser bon nombre de questions ; et, dès la première, l’index de ma main droite se mit à bouger, à écrire dans le vide. Il répondait à mes questions successives par « oui» ou par « non ». Au même moment où mon index bougeait, en même temps donc, j’ai sentis dans ma poitrine une force très agréable, qui reste présente en moi jusqu’à aujourd’hui, et une voix s’est imposée dans mon esprit me disant ce que je devais faire. Je commentais aussitôt: « Suis-je en train de devenir fou ? » A nouveau, mon index bougea et traça un « Non ». Et de même, la voix intérieure répondit : « Non ».


C’était surprenant, époustouflant même, difficile à croire, et pourtant, je le vivais. Je restai très impressionné. Je décidais de vérifier la véracité de ces manifestations. Tous les jours, je commençais à poser une multitude de questions attenantes à ma vie privée, très pragmatiques, comme par exemple :

« Est-ce-que je dois aller travailler ? »  Au début, je recevais toujours les réponses par « Oui » ou par « Non ». Et mon index bien entendu continuait à bouger :

« Demain matin, est-ce-que je dois aller travailler ? Oui

Dois-je prendre un billet de train ?  Non

Est-ce-que je dois partir travailler en train ?   Oui

Je partais travailler en train, je ne prenais pas mon billet et je n’ai jamais eu de contrôle.

Puis, quelques jours plus tard, je commençais à questionner pour obtenir des réponses plus précises comme par exemple :

« Demain soir, dois-je revenir en train ?  Non   

En stop ?  Oui

«  A quelle heure vais-je arriver ce soir à la maison ?   à 18h35 ».


Et, à une minute près, j’arrivais chez ma grand-mère à l’heure qui m’avait été indiquée. Chaque fois, tout se vérifiait, quelque soit le sujet abordé. De plus, je remarquais que chaque fois que la voix me disais de faire du stop, un véhicule s’arrêtait toujours pour m’amener jusqu’au chantier, et me ramener chez ma grand-mère, et ce, sans perte de temps. Et je ne fus jamais en retard. Je fis donc rapidement confiance à cette voix, mais n’osait en parler à personne. D’ailleurs, qui m’aurait cru ? Toi-même lecteur, m’aurais-tu cru?


Dès lors, toutes les décisions et actions de mon quotidien furent influencées par cette voix qui devint omniprésente.


Au bout d’un mois, j’ai voulu revenir chez mes amis à Lisieux ; je posais donc la question et la réponse fut affirmative. La voix me dit de partir le matin en stop à six heures. Ce que je fis.


Un soir, j’étais à Caen ; je suis passé dans une rue et j’ai vu une librairie ésotérique à la devanture mauve. La voix me dit, « Tu viendras ici bientôt ». Deux jours plus tard, un mercredi soir, elle me dit encore : « Tu ne vas pas travailler demain ». Au fond de moi, je pensais « Cause toujours ! Demain, je vais travailler car tu sais, j’ai besoin d’argent! » Le lendemain, je suis resté à la même place que d’habitude en attente d’un véhicule ; aucun ne s’arrêtait. Une heure après, je décidais de ne pas aller travailler ; c’est juste après avoir pris cette décision qu’un camion s’est arrêté. Il allait à Caen, j’ai dit: « Ok pour Caen.»


Ce jour-là, je suis passé devant une église dont la porte était ouverte et j’y suis entré alors qu’une église ne m’avait jamais attiré. Je me suis assis en face de la statue de la Vierge Marie ; gamin, je vénérais chez moi ma vierge en plastique et je lui allumais toujours une bougie, mais je n’ai jamais vu ma famille pratiquer une quelconque dévotion. Là, devant cette grande statue de la vierge de taille humaine, je me suis endormi en quelques minutes. A mon réveil, je suis sorti de l’église sans avoir prié, et c’est là, derrière un gros buisson, que j’ai vu la librairie à la devanture mauve. La voix m’a dit: « Je te l’avais dit que tu allais venir ici, tu vas rentrer et tu vas demander à cette personne qu’est-ce qu’une entité ? » ; je n’avais jamais entendu prononcer ce mot, et bien que la demande me parut incongrue, j’acceptais d’y aller ; mais je trouvais porte close. Derrière le comptoir, une fille d’une vingtaine d’années me vit et vint m’ouvrir aussitôt. Je fis semblant de chercher un livre. Elle me demanda ce que je cherchais, et c’est alors que je lui posais la question que me demandait  la voix. Elle me répondit et notre discussion dura trois heures. Entre autres, elle m’expliqua de part son expérience, que je devais remplacer mon doigt par  un stylo et écrire sur un cahier.


A la fin, au moment de la quitter, elle me dit : « Je sais ce que tu cherches ». Elle me conseilla de m’isoler au calme dans ma chambre et de méditer. Je rentrais chez mes amis et écoutais ses conseils.


Quatre heures durant, je méditais ; la première demi-heure, je fermais les yeux et me relâchais en faisant le vide autour de moi et en moi ; j’oubliais ma conversation avec Brigitte ; puis, je revins à moi, me sentant très léger, soulagé car sûr d’avoir des réponses aux questions sur ce qui m’arrivait, sur ce ‘quelque chose en plus’ que j’avais en moi, et qu’à priori les autres personnes n’avaient pas, sur l’homme en voie de développement spirituel que j’étais en train de devenir et qu’en même temps je découvrais. Et je posais aussi des questions sur l’être mystérieux à qui appartenait cette voix féminine. Je la tutoyais. Là, elle répondit à plusieurs reprises en dessinant un cœur. J’insistais pour connaitre son identité. Notre dialogue s’instaura par le biais de l’écriture médiumnique (appelée aussi écriture automatique) et sa voix. Finalement, elle me répondit : « Marie vierge ».


En me plaçant dans le contexte de ce que je vivais à l’époque de mes trente trois ans, cette réponse me paru incroyable et inimaginable.


Je te transmets lecteur notre dialogue :

Je lui dis: « Suis-je devenu fou ? Où bien est-ce une blague ? »

A quoi elle répondit : « Ni l’un, ni l’autre. »

Je reposais la même question : « Qui es-tu ? »

A nouveau elle me répondit : « Marie vierge ».

« Pourquoi moi ?

Tu le sauras dans quelques jours, tu vas partir dans le sud, et là, tu sauras.

Mais dois-je quitter ma femme et mon fils ?

Oui, tu n’a pas le choix, tu devras faire ce que je te dis de faire. Je te protègerai envers et contre tout.

Quand dois-je partir ?

Tu le sauras au moment voulu. Marie vierge.»


Le lendemain, je suis retourné dans cette librairie, j’ai revu Brigitte et lui racontais ma méditation de la veille ainsi que ma rencontre avec Marie, la vierge Marie. Je lui parlais du dialogue que j’avais eu avec elle. La nouvelle conversation avec Brigitte dura plusieurs heures.


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